Connected people
{ illustration inspirée par ce très beau texte de Christine Agostini }
Tu me plais.
Mais les fils qui te lient à tes milliers d’amis ont fini par tisser autour de toi une toile impénétrable. La trame est si serrée que j’ai renoncé à trouver le moindre entrebâillement pour t’atteindre.
Je ne suis pas loin de toi. Mais comment pourras-tu sentir la douce chaleur de ma présence ? Et comment pourrai-je atteindre ta peau cachée derrière l’épaisse étoffe de tes illusions.
Je suis fatiguée d’errer dans ce labyrinthe hermétique, sans relief, sans odeur.
J’ai aimé des hommes et des femmes pour leur profondeur ou pour leur légèreté, pour toute l’épaisseur de leur être. La dimension virtuelle est quelque chose que je ne connaissais pas, je la découvre avec toi et j’avoue que cette dimension-là de l’être humain ne me plait pas.
Elle est menteuse et compliquée. Aux vitrines tape-à-l’œil, je préfère l’intérieur des échoppes, leurs occupants, leurs comptoirs et les trésors enfouis des arrière-boutiques.
Je ne te connais pas et tu ne me connais pas. Ce que je donne à voir écrasé dans des fils, illuminé par l’écran, n’est rien à côté de ce que je suis.
Une pensée n’est pas grand chose quand elle n’est pas associée à la chair dont elle est issue, cette chair qui, par une attitude, peut exprimer tout l’inverse.
Un regard qui fixe ou se dérobe, un corps qui vibre, se tend, s’écroule ou chavire.
Déshabille-toi, laisse-toi faire. Défais ce bouton qui entrave ta respiration. Prenons le temps.
Internet, nœuds d’échanges, des histoires qui se nouent et se dénouent à la vitesse du haut-débit, sans limite… Ce soir je court-circuite.
Posted 7 months, 22 days ago.


So true …
Chère Émilie Boudet,
Voilà une belle illustration pour un beau texte, qui me fait penser que vos deux personnages finiront par se montrer leur bobine, après un coup de fil bien sûr.
Ooooh merci ma belle ! très touchée !!!! des bisous
Sage pensée que la vôtre Monsieur Pingouin, c’est parfois si difficile de nos jours de ne pas perdre le fil…