Cultivons-nous un peu
Hier j’ai été voir l’expo sur Steven Parrino au Palais de Tokyo. Je ne vais pas me la jouer critique d’art contemporain, d’autant plus que je ne connaissais pas ce monsieur avant hier soir, un artiste “d’une activité artistique radicale et sans concession”, comme dit le flayer que je n’ai trouvé qu’à la fin, mais qui a le mérite de bien résumer les choses.Dans la première salle, en voyant ces grandes toiles qui avaient été peintes en noir puis détachées de leur chassis, j’ai été replongée trois-quatre ans en arrière, en cours d’histoire de l’art à Duperré, avec Me Boursier, que je ne remercierai jamais assez de nous avoir fait comprendre ce qui se passait dans la tête des artistes minimalistes, à la fin des années 60… Je vous ai déjà parlé de l’entropie ? c’est là que tout a commencé…Pendant un an, on a appris à comprendre pourquoi à cette époque des artistes se sont mis à construire des cubes en métal, à déverser de la glue sur un terrain en pente, ou à se filmer en train de marcher en rond, la caméra tournée à l’envers. Et justement, hier, après cette première salle, sur quoi je tombe ? Des travaux d’artistes minimalistes, dont Steven Parrino s’est allègrement inspiré. C’est toujours émouvant de pouvoir regarder, tourner autour, toucher même – s’il n’y avait pas un gardien désabusé pour vous rappeler à l’ordre – des œuvres qu’on connaît par cœur mais dont on avait seulement en mémoire l’image projetée d’une diapositive… voilà pourquoi je suis capable de rester scotchée devant une vidéo de mauvaise qualité, en noir et blanc, qui montre un camion déversant du goudron dans la campagne romaine.



